L’histoire

Texte de Gaston Cornette

Découvrons en quelques pages l’Histoire de notre Commune à travers les siècles :

  • la disparition de l’activité métallurgique au Fournay,
  • l’épopée des sept usines à chaux et de leur déclin nous laissant un important  patrimoine industriel,
  • la reconversion de l’industrie de la chaux par la création d’ateliers de mécanique de cartonnage et d’imprimerie,
  • mais aussi la transformation de notre  commune par la construction du canal de Berry et de la ligne du Tacot La Guerche/Argent sur Sauldre,
  • les projets et les réalisations de toutes les municipalités depuis 1870,
  • la découverte du commerce local et de son destin,
  • la vie et l’histoire des différents quartiers : St-Germain, Dompierre, Le Fournay, Le Poids de Fer, Pruniers, etc……,
  • la naissance et la vie des sociétés locales : musique, corps des Sapeurs Pompiers, associations sportives, Gaule de Jouet,
  • les réjouissances avec les Fêtes de St-Germain, la Cavalcade de 1931, les Fêtes de Quartiers.

Nous découvrirons aussi l’Histoire de l’église qui remplaça celle de St-Germain en 1869.

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Nous ferons ce voyage sur 3 siècles, tout cela chronologiquement afin que vous puissiez apprécier la vie de notre commune, une vie tracée depuis 1870 par une dizaine de municipalités et de maires de sensibilités différentes qui ont tous et continuent d’œuvrer pour notre bien être.

Alors ensemble, explorons ce Jouet tel qu’il était hier – disons avant-hier, puisque pour débuter nous allons remonter au Moyen Age.

Pour commencer cette visite un peu de géographie :

        Notre commune, bordée par la Loire à l’Est, la Forêt d’Aubigny au Nord, la Forêt du Lieu au Sud et les Bois de la Boucharderie à l’Ouest, faisait autrefois partie du Nivernais qu’elle quitta lors du découpage des départements à la Révolution.

Tapie dans cet écrin de verdure et de fraîcheur, pour une superficie totale de 1732 hectares dont 622 hectares de forêts, 357 hectares de terres agricoles et 448 hectares de Prés, Jouet est traversée par l’Aubois, petite rivière affluent de la Loire qui prend sa source à Augy-sur-l’Aubois à une altitude de 230 mètres pour se jeter dans le fleuve sauvage à Marseilles-les-Aubigny, après un parcours de 42 kilomètres à une altitude de 163 mètres (IGN). Le point culminant de notre commune est au Taillis des Guettes (206 mètres) qui est situé à quelques centaines de mètres de la Ferme de la Morine. Des silex taillés trouvés à cet endroit tendraient à prouver que ce fut un camp de nos ancêtres pendant la préhistoire. A cette époque, le niveau des eaux ne laissait apparaître que les points les plus élevés. L’emplacement du bourg ne devait être qu’un gigantesque plan d’eau. La côte la plus basse de notre commune est bien sûr le lit de l’Aubois qui serpente entre 171 mètres au Moulin de Pruniers et 168 mètres au Pont du Fournay.

En reprenant les renseignements parus dans l’ouvrage de « Topographie historique statistique et archéologique du département du Cher » d’Auguste Frémont (1862), on peut noter que la qualité du sol divisé en douzaines se définit comme suit :

  • une douzaine de terre franche,
  • trois douzaines de terre forte ou argileuse,
  • deux douzaines en terre calcaire,
  • une douzaine en terre silicieuse,
  • et le restant en terre sableuse blanche.

Le sous sol est argilo-calcaire. A noter que dans cet ouvrage, il est relevé au niveau météorologique que des brouillards sont fréquents et que l’Aubois entretient une humidité malsaine pour les habitants. Il faut se figurer que l’Aubois n’est pas dans sa configuration actuelle et que les passages à gué de Pruniers, de la rue de l’Abreuvoir, de la rue de l’Ile devaient entraîner la stagnation des eaux qui s’étendaient à chaque passage à gué sur plusieurs centaines de mètre carré. De grands aménagements furent réalisés avec la création des moulins de Pruniers, de Jouet et du Fournay, ce qui permis la retenue des eaux et son maintien au niveau que nous connaissons aujourd’hui.

La création du Canal de Berry modifia encore plus l’aspect du village. C’est d’ailleurs à cette occasion que la Commune changea de nom mais nous verrons cela un peu plus loin.

 Maintenant après la Géographie, l’Histoire :

 Il faut vous figurer Jouet il y a bien longtemps, lorsque la commune n’était qu’un hameau de quelques dizaines de maisons. A cette époque, Dompierre était paroisse et dépendait du diocèse de Nevers ; les évêques de cette ville y possédaient leurs résidences. Nous faisions partie du Nivernais. L’église de Dompierre était construite sur un tumulus, la mettant à l’abri des crues de la Loire qui, à cette époque, s’étendait jusqu’à cette paroisse. Cette église fut détruite. Les registres portent jusqu’en 1757. C’est à cette date que disparaît le titre nominal de paroisse. Cette suppression coïncide avec la création de celle de St-Germain qui n’était à l’époque qu’une simple chapelle 

(St-Germain : paroisse avant de devenir commune, mais nous y reviendrons plus tard).

Jouet, au cours des temps, eu un orthographe différent.

Joïet en 1176. Il existait à l’époque une métairie dénommée Grangia de Johannet puis Johet en 1193. Au XIIème siècle, 1176, le village possédait au nord une chapelle dite chapelle St-André (située face au 49 de cette rue) ; celle-ci a conservé une partie du pignon oriental où est une fenêtre en cintre rond taillé dans une seule pierre. Dans le grenier de la maison qui remplaça cette chapelle à la révolution, furent trouvées en plus de la porte deux statues, l’une de St-André avec sa croix en sautoire, l’autre d’un évêque inconnu. Ces statues comme une grande partie de celles de l’époque furent décapitées. A noter que lors de travaux au siècle dernier, quelques sarcophages mérovingiens furent trouvés dans la cour. Tout près de cette chapelle était formée une île par les deux bras de l’Aubois.

En 1193, on retrouve les traces d’un moulin : le moulin de Hautefer (Altafèra). Cette île, que l’on nomma Prairie de Chaparo en 1200, puis Chaperon en 1209, était certainement un point important du village puisque c’est sur cette île que s’élevait une motte féodale que l’on nommait la Motte Chevreau ; l’Aubois alimentait ses douves ; Monsieur Roubet dans son épigraphie historiale déclare que cette motte fut le siège des Seigneurs de la Maison de Parçon ou Parcion. Cette motte féodale n’était en fait qu’un château qui fut construit en bois pour résister aux brigands et aux combats des Seigneurs. Construite d’une forte palissade de gros pieux, une tour de bois appelée donjon permettait d’avoir une vue sur la vallée de l’Aubois et suffisante pour décourager les assaillants. Si cette construction n’a bien sûr pas résisté au temps, si les recherches aux détecteurs de métaux n’ont rien donné, il reste un tertre qui apparaît toujours au lendemain des crues de l’Aubois. Vous pouvez y distinguer l’emplacement des douves ; l’eau de la crue y stagne quelques jours avant de se retirer comme si elle voulait marquer ce moment d’histoire. Plus simplement encore il vous suffit de télécharger Google Earth et vous découvrirez le tracé de cette motte dans le grand pré appelé encore le pré de la Motte ; vous verrez aussi le tracé des voies qui y menait, à moins que ce soit celui des ruisseaux venant des deux bras de l’Aubois pour alimenter les douves. Ce grand pré se termine au Fournay par le pré de l’Etang.

En 1401 il existait au Fournay une forge : la Forge du Crotet ; il en reste la maison du maître de forge. Cette forge était alimentée en eau par un étang qui recouvrait ce pré qui porte toujours son nom. Nous reviendrons sur ce quartier en détail dans un autre paragraphe.

En 1476, Robert de Barre, Baron de La Guerche  et Seigneur de Jouet passait un accord avec l’Abbaye de Fontmorigny, alors propriétaire exclusif du Moulin de Hautefer, concernant le péage des Planches. En 1607, François de Montholon alors Seigneur vendit à Etienne de Tenon la Seigneurie de Jouet comme annexe à celle de La Guerche. L’abbaye de Fontmorigny possédait une grange des dîmes située sur la côte près du Plessis. Pendant tout ce temps Jouet restait malgré tout un hameau. La Paroisse de Dompierre disparut, c’est à St-Germain qu’elle fut créée. Comme Jouet, St-Germain portera différents noms au cours de l’histoire : Ecclésia Sancti Germani en 1178, Sanctus Germanus Super Albeyam en 1251. L’église de St-Germain fait toujours partie du diocèse de Nevers et a pour chapelain Jean de Bregyons en 1185. En 1361 les anglais étaient maîtres de la région ; on peut leur attribuer les ravages qui ont mutilé cette église. Simple chapelle, elle fut agrandie en 1755 par la création d’un chapiteau. A la révolution cette église est transformée en fonderie à canons, à cette époque la commune porte le nom de de La Cannonière sur l’Aubois, c’était en l’an III de la République, du 29 mai 1794 au 15 janvier 1796.  Il fallut attendre 1806 pour que l’église soit restituée au culte catholique.

La liste est longue des Maires, Agents et Commissaires Municipaux qui ont dirigé cette commune. Nous pouvons noter que certains noms reviennent au cours des années : la famille Cacadier, la famille Paultre, la Famille Servois. Si les prénoms changent au cours du temps, les noms de ces familles s’inscrivent dans la continuité.

Carte 3

Un nom aussi que vous connaissez bien : Charles Daumy que l’on retrouve depuis 1870. Il est Maire de St-Germain de 1870 à 1874, puis après avoir cédé la place à Joseph Cacadier de 1874 à 1876, nous le retrouvons de 1876 à 1877.

Dans cette page d’histoire, nous voici arrivés à l’origine de la Commune de Jouet-sur-l’Aubois. La construction du Canal de Berry transforme complètement le paysage, les gués furent remplacés par des ponts. Trois ouvrages furent construits sur le tronçon parallèle à la rue de St-Germain, deux ponts métalliques rue des Ponts et au Taureau, un pont levis rue du passage à niveau.

Le hameau de Jouet se trouve dynamisé par ce canal qui commence son activité en 1839. Bien que St-Germain conserve la partie administrative, le commerce se développe pratiquement exclusivement au hameau de Jouet qui prend une dimension digne d’un village. Le 11mai 1865, l’autorisation de transfert de la paroisse est signée. L’église que vous connaissez et qui porte le nom d’église St-Germain fut construite sur adjudication. Les travaux de construction débutèrent en 1866 et furent terminés en décembre 1869. Mais dès 1868 les offices y étaient célébrés. Le bourg de Jouet devint un grand lieu d’échanges, tout le commerce se fait maintenant à Jouet. Les foires y sont nombreuses. Les rues sont tracées et construites. Grâce à la Loire et à la jonction du Canal de Berry et du Canal Latéral, Jouet subit une rapide croissance qui en fit un des bourgs les plus attractifs du sud du département.

Carte 4

Devant cet état de fait Charles Daumy, Maire de St-Germain, et son conseil municipal émirent le vœu au cours de la réunion du conseil du 5 novembre 1876 que la commune porte le nom de Jouet-sur-l’Aubois. C’est par une déclaration solennelle que le Maréchal de Mac Mahon, Président de la République, entérina ce changement par décret le 23 avril 1878.

A cette date Jouet devint commune tout en conservant le quartier de St-Germain.

A cette époque Jouet compte 1836 habitants que l’on appela très simplement Jouettois.

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